Education : 7 choses que nous ne devrions pas chercher à contrôler chez nos enfants

Lorsqu’on devient parents, on devient responsable d’une vie et on a parfois des idées très arrêtées sur ce que devrait être l’éducation d’un enfant. Ces idées peuvent être forgées par ce qu’on a reçu de nos parents mais aussi par nos lectures, nos rencontres, les conseils (ou les critiques) reçus, etc …

C’est alors qu’on se met à vouloir contrôler un certain nombre de choses qui n’ont probablement pas à l’être si on y réfléchit bien … En cherchant à contrôler ces choses, on se complique la tâche là où le lâcher prise et la confiance pourraient grandement nous simplifier la vie !

Voici ce qu’à mon humble avis on ne devrait pas chercher à contrôler chez nos enfants :

 

1. Le sommeil

Je sais que le sommeil est un gros sujet pour les jeunes parents … il y a des tonnes de livres publiés sur le sujet, tout le monde a un avis à donner, « Alors il fait ses nuits ? » est LA question qu’on vous pose tous les jours les premiers mois de vie avec bébé, tout le monde veut savoir comment faire pour faire dormir son enfant au moment opportun … Sauf que le sommeil est un besoin naturel, une nécessité biologique, comme respirer, digérer, éliminer … on ne peut pas forcer ces besoins ! On n’apprend pas à le faire en 3 modules et 6 chapitres ! On ne digère pas parce que quelqu’un nous le commande. On ne respire pas parce que c’est l’heure, et on n’élimine pas parce qu’on nous l’ordonne … c’est un processus qui s’opère malgré nous. C’est la même chose avec e sommeil ! Vous avez d’ailleurs déjà dû en faire l’expérience en vous intimant l’ordre de dormir tôt la veille d’un rendez-vous important ou d’un départ en voyage parce que c’est plus raisonnable … l’essai avait-il été concluant ? Sans doute pas … c’est parce qu’on ne peut pas forcer le sommeil, simplement créer les conditions favorables à sa venue. Essayer de contrôler ce processus en forçant les enfants à dormir quand ils ne sont pas fatigués, ou à se réveiller alors qu’ils sont encore fatigués avant qu’ils ne soient prêts, est ce qui crée des tensions autour du sommeil.

En réalité, bien souvent, le problème vient du fait que NOUS avons besoin de dormir ou de profiter d’un moment de calme ou d’être rassurée parce que l’heure du coucher (donnée hautement culturelle) est respectée. Ces besoins sont parfaitement compréhensibles évidemment et il faut trouver les moyens d’y répondre mais il existe d’autres moyens que de contraindre le sommeil de l’enfant.

Pour les plus jeunes, nous pouvons travailler à améliorer notre capacité de récupération et augmenter la qualité de nos temps de récupération grâce à la méditation par exemple qui nous permettra de moins souffrir de la fatigue.

Pour les plus grands, nous pouvons aider les enfants à identifier leurs signes de fatigue et leur signe de bien-être et à prendre conscience que leurs choix (de dormir ou pas) affectent ce qu’ils ressentent.

Pour tous nous pouvons :
* Créer un environnement propice au sommeil (faible éclairage, jeu ou histoires calmes, etc.).
* Partager un moment de connexion à la fin de la journée. Souvent, les enfants ont du mal à se reposer s’il y a quelque chose dans leur esprit et une belle période de connexion peut les aider à s’en libérer.
* Communiquer sur nos besoins : «Je comprends que tu aies envie de jouer mais je suis fatiguée et je voudrais aller me coucher. Est-ce que tu veux jouer tranquillement dans ton lit jusqu’à ce que tu sois prêt à dormir, ou tu préfères te coucher avec moi ?

 

2. L’appétit

Là aussi on est face à une nécessité biologique que rien ne sert de vouloir contrôler. En l’absence de difficultés médicales, les enfants ne se laisseront pas mourir de faim, vous pouvez leur faire confiance ! Votre travail de parent consiste à fournir une alimentation variée et saine (la moins sucrée et transformée possible). Point. Le travail de votre enfant consiste à écouter son corps et à manger lorsqu’il a faim, à s’arrêter lorsqu’il n’a plus faim. Laissons leur le droit d’écouter et de respecter les signaux que leur corps leur envoie et décider quand, quoi et combien ils mangent. C’est ainsi qu’ils développeront une relation saine avec la nourriture.

 

3. La « propreté »

On met beaucoup de pression sur les parents et les enfants quelques mois avant l’entrée à l’école maternelle … mais on est bien d’accord que le besoin d’éliminer est un besoin naturel qu’on a nous même choisi de contrarier en habituant notre enfant aux couches dès les premiers jours de sa vie, non ? Donc parce que c’est plus pratique, on leur met des couches pendant des années et puis tout d’un coup parce que c’est moins pratique pour l’institutrice, on les pousse à s’en passer à grand coup de récompenses, de compliments et parfois même de menaces et de punition ?
Comme pour la marche, le langage et de nombreuses choses naturelles : votre enfant ira aux toilettes quand il se sentira prêt. En attendant, montrez l’exemple, laissez les libres d’utiliser les toilettes comme bon leur semble et faites leur confiance !

 

4. L’ennui

Certains parents sont terrifiés à l’idée que leur enfant puisse s’ennuyer alors ils le couvrent de jouets et/ou s’assurent d’un agenda bien rempli multipliant ainsi les sources de stress et de conflit autour du rangement et du respect des horaires ! Soufflez un peu : il n’y a aucune obligation de courir partout comme un poulet sans tête ! Les enfants sont par nature imaginatifs, créatifs, inspirés et motivés. Laissez leur un bâton, de la terre et un petit ruisseau et vous ne le reverrez pas pendant des heures. Ça ne devrait pas être plus compliqué que ça …
Et puis paradoxalement, c’est en cherchant à garder nos enfants constamment occupés et divertis, que nous créons les conditions propices à l’apparition du «Je m’ennuie» alors qu’il suffirait des les laisser participer activement à notre vie de tous les jours (préparation des repas, rangement, nettoyage, etc …) pour partager des chouettes moments, remplir leur réservoir affectif et encourager leur autonomie !

 

5. Les émotions

Je vous le concède, chez les enfants encore immatures, les émotions peuvent prendre une ampleur parfois envahissante mais nous ne devrions pas chercher à contrôler les émotions de nos enfants, après tout le bonheur et la joie ne sont pas les seuls sentiments acceptables … L’objectif c’est simplement de donner aux enfants la conscience de leurs émotions et des clés sur la façon de les gérer.
Je ne parle pas de les refouler mais d’apprendre à faire la différence entre se laisser emporter par une émotion et simplement l’éprouver, la ressentir et la laisser passer.
La meilleure chose que nous pouvons faire pour aider nos enfants c’est de leur montrer l’exemple (en leur partageant nos propres outils de gestion émotionnelle par exemple) et de les aimer inconditionnellement … « Je fais attention à toi que lorsque tu as un bon comportement et je t’ignore quand il est mauvais » … c’est peut-être moins dangereux que les punitions mais ça reste une forme de dressage affectif. Nous aimons notre enfant quand il dessine tranquillement en chantonnant, mais quand il se roule par terre en hurlant : c’est bien la même personne et nous l’aimons aussi ! Non ? L’aimer sous condition signifie l’aimer pour ce qu’il fait et non pour ce qu’il est. L’amour inconditionnel donne des ailes aux enfants, il les libère de nos attentes, qui peuvent parfois peser bien lourd sur leurs petites épaules.
Aimer son enfant inconditionnellement ne veut pas dire tout céder, répondre à tous ses désirs et ne jamais discuter ses choix. Nous pouvons parfaitement être mécontents et le dire sans que cela affecte notre amour pour lui et notre relation. L’amour transparaît dans notre manière de nous exprimer, d’exprimer nos émotions et d’écouter les siennes pour trouver une solution main dans la main.

 

6.L’obéissance

Contrôler le comportement de l’enfant pour obtenir l’obéissance, c’est une des grandes motivations éducatives en France ! S’il y a bien quelque chose que je pense inutile de chercher à obtenir d’un enfant c’est l’obéissance. La société a beaucoup de mal à accepter l’enfant qui décide, qui fait des choix, qui discute les idées de ses parents … Un enfant c’est un sauvage à dresser, une page blanche à remplir ! Un « enfant bien élevé » se doit de ne pas trop bouger, de ne pas faire trop de bruit, d’obéir, d’être propre et ordonné, de manger ce qu’on lui prépare sans discuter et de se coucher quand on l’envoie au lit … que de pression !
Si nous réfléchissons à nos interactions avec eux, il en ressort que nous, les adultes, sommes presque toujours en train de les diriger pour qu’ils fassent quelque chose, de leur rappeler ceci ou cela, de les corriger, de les protéger, de leur faire la morale … et nous essayons en plus de saisir toutes les occasions de leur enseigner quelque chose ! 99% de la communication de l’adulte vers l’enfant serait constituée de ce type de surveillance ! Aimeriez-vous être à leur place ? Est-ce vraiment là notre rôle de parent ? Evidemment Vous me rétorquerez sans doute qu’il faut des règles, des limites … Je suis d’accord avec vous sur le fond : le problème des limites ce n’est pas qu’il y en ait, c’est qu’elles soient fixées unilatéralement par les adultes. Les règles de la maison pourraient parfaitement être fixées avec les enfants, lors de discussions dédiées. Elles seraient bien plus justes et donc plus faciles à faire respecter !

 

7.L’avenir

S’il y a bien quelque chose d’inquiétant pour les parents c’est l’avenir de leurs enfants, on met beaucoup de tensions dans nos familles par peur pour l’avenir … mais que savons-nous vraiment de l’avenir ? Rien ! Pourquoi chercher à contrôler quelque chose sur lequel nous n’avons aucun pouvoir ? Là encore nous ne pouvons que créer les conditions favorables au bon développement de l’enfant et de l’adulte qu’il deviendra …
L’enfant obéit dans ses apprentissages à un ordre naturel que nous pouvons voir à l’oeuvre lorsque nous les observons imiter nos gestes, nos paroles, nos mimiques ou nos habitudes (bonnes ou mauvaises). Le développement du langage, par exemple, ou l’apprentissage de la marche se font sans notre intervention directe… Quand on veut faire pousser une plante, on lui donne de la lumière, de l’eau, de la bonne terre, on ne tire pas dessus pour accélérer sa croissance. Faisons de même avec nos enfants, travaillons à créer un environnement favorable à son épanouissement … n’agissons pas sur lui directement mais sur son environnement. Le plus important à mon sens c’est de lui transmettre que s’il veut faire quelque chose, il peut le faire. que nous avons tous les moyens de choisir et d’agir sur notre vie.

 

Et finalement c’est ça pour moi la parentalité empathique : ne pas mettre de tensions sur des choses qu’il n’est pas nécessaire de contrôler, lâcher prise sur ces choses et vivre ensemble sereinement dans le respect des besoins de chacun. C’est beaucoup plus paisible et sans doute tout aussi efficace sur le long terme !