La Parentalité Positive pas si positive qu'on croit ... Vraiment !?

Un article publié par Slate à propos de la parentalité positive fait grand bruit dans le petit monde de la parentalité : L’Education «positive» n’est pas aussi positive qu’on croit.

Dans cet article, l’auteur présente la parentalité positive comme un nouveau mode éducatif très policé et surtout très culpabilisant pour nous, pauvres parents épuisés qui faisons de notre mieux pour atteindre ne serait-ce que le début d’une cheville de ce parent parfait, gourou d’un nouveau genre, érigé en modèle …

L’auteur suggère que "remettre la parentalité positive en question c’est comme dire qu’on est contre la paix, que l’amitié c’est pourri, que l’honnêteté devrait être interdite".

Et pour cause, face aux études, recherches et littérature florissantes sur le sujet : nous ne pouvons plus nier, à présent, que nos comportements éducatifs impactent fortement et durablement nos enfants dans leur construction et leur vision du monde.

C’est un fait… et c’est évidemment un vrai problème pour qui préfèrerait avancer dans sa vie de parent sans questionner son projet parental et sans remettre en question l’éducation « à l’ancienne » qui aurait lui-même reçue…

Chacun fait ce qu’il veut mais quand on a accès à ces informations, il parait difficile, effectivement de, comme le suggère l’auteur, « refuser d’œuvrer pour que son enfant se construise et s’épanouisse sans violence, dans le respect de ses émotions et de ses aspirations profondes pour qu’il trouve sa place dans la famille et la société sereinement».

Clarifier son projet de parentalité

Et c’est là que « le bât blesse » à mon avis… nous sommes nombreux à avancer dans la vie en mode automatique … sans vision, sans objectif précis.

Moi j’aime voir la vie comme un chemin … si on avance sans préparer son itinéraire, on va ailleurs mais … nulle part ! 🙂

Un des tout premiers exercices que je fais faire aux membres de mes programmes c’est de réfléchir à leur projet parental. Un peu comme on programmerait un GPS, la première étape c’est d’entrer votre adresse de départ (Où en êtes-vous ? Quelles difficultés rencontrez-vous ? Quelles sont les zones rouges ? Quels sont les moments difficiles ? Qu’aimeriez-vous améliorer ?) et votre destination finale.

Il est essentiel de clarifier votre intention, avoir une vision claire de votre projet parental, de la vie que vous souhaitez, de votre quotidien idéal en famille … vous devez savoir où vous avez l’intention d’aller, c’est ce qui vous permettra de définir votre plan de route, votre plan d’actions et finalement d’atteindre votre destination.

Quel que soit les obstacles rencontrés sur le chemin : vous savez où vous allez et vous avancez avec un but précis.

Et c’est là que l’on peut prendre de la distance avec la théorie, oublier le modèle du parent parfait des magazines et des bouquins théoriques, pour créer notre propre modèle, pas celui que voudraient nous imposer nos parents, notre belle mère, la Société ou  la cousine Berthe, non ! Le nôtre : celui qui nous va, celui qui nous fait du bien et celui qui est atteignable … à petits pas sans doute mais atteignable quand même ! C’est à ce moment-là que nous pourrons, comme le propose Béatrice Kammerer dans son article, « trôquer le désir de contrôle contre l’empowerment ».

Réparer aussi souvent que nécessaire

On peut continuer à se dire que si, de temps en temps, il nous arrive de retomber dans les anciens schémas (cri, punition, fessée), il n’y a pas « mort d’homme » mais ça se discute à mon avis… après tout si mon conjoint se met à me hurler dessus et à me manquer de respect sans plus jamais revenir sur le sujet (ne parlons même pas de lever la main sur moi, ça lui vaudrait sans aucun doute de retrouver ses valises sur le palier), il est probable que ça sonne chez moi (et pourtant je ne suis pas rancunière) comme un coup de poignard dans le contrat initial non ? Pas mort d’homme non, mais une trace oui … sans aucun doute.

Mais une fois que notre projet parental est clair, alors on peut prendre conscience qu’on a « dérapé », qu’on s’est écarté de cette vision , de ce projet … on peut alors s’employer à réparer, à créer un espace d’expression pour que l’enfant puisse dire, s’il le souhaite, combien il a eu peur, combien il a eu mal, combien il a trouvé ça injuste … ça n’est pas s’écraser devant l’autre que de prendre quelques minutes pour entendre ce qu’il a ressenti, si ?

Et si mon propos culpabilise un peu alors c’est une très bonne chose si ça vous aide à passer à l’action !

Parentalité positive et culpabilité

Isabelle Filliozat et sa mère expliquent dans leur livre sur les mères et le travail qu’il peut y avoir deux raisons à la culpabilité :

Raison #1 : Vous avez blessé quelqu’un et la culpabilité va vous pousser à réparer (et ce qui est merveilleux, c’est que c’est possible et assez facile !)

Personnellement je suis adepte de l’équation suivante, ça m’aide vraiment à avancer : Un problème = Une solution = Une action !

➡️ Un problème = je me suis écartée de mon projet parental

➡️ Une solution = je peux réparer en revenant sur l’épisode avec mon enfant.

➡️ Une action = je questionne (Qu’est-ce que tu as ressenti quand j’ai crié ? Qu’est-ce que ça t’a fait ? Qu’est-ce que tu t’es dit ?), je me mets à l’écoute et je créé un espace d’expression pour que mon enfant puisse libérer son émotion et on cherche une solution ensemble pour que ça ne se reproduise plus.

Raison #2 : Vous vous sentez victime d’un système, coincée dans une situation qui ne vous permet pas de répondre à vos besoins, ça vous frustre, vous mets en colère et comme vous n’exprimez pas la colère, vous la retourner contre vous sous forme de culpabilité.

Si vous culpabilisez, vérifiez dans laquelle de ces deux situations vous vous trouvez et agissez soit en réparant (dans le cas n°1), soit en répondant à vos besoins (dans le cas n°2) !

Autre information essentielle partagée dans ce livre : lorsque le père s’implique pleinement dans l’éducation des enfants, la culpabilité maternelle disparait ! Sans doute parce que l’implication paternelle permet à la mère de prendre en considération ses besoins et ses émotions et de se faire un peu de place !

Bienveillance et non violence envers soi d’abord !

Car bien souvent lorsqu’on “pète un câble” le comportement de l’enfant n’est que le déclencheur … le problème est ailleurs. Je note que bien souvent lorsque je m’éloigne de mon projet parental (oui ça m’arrive de hausser le ton !) c’est parce que je suis fatiguée, préoccupée ou frustrée … c’est le « problème » avec les émotions il y a un temps de charge, de tension et de décharge … à nous de faire en sorte de ne pas décharger sur nos enfants en prenant soin de nous et de nos émotions !

Et pour moi, la bienveillance et la non-violence, c’est un des principes de base de la parentalité positive … envers son enfant bien sûr mais avant tout envers soi !

Comment pourrait-on être positive et bienveillante avec l’autre si on ne peut pas l’être avec soi ? C’est im-po-ssi-ble !

Un peu comme dans les avions, il nous faut mettre notre masque à oxygène avant d’équiper l’enfant qui nous accompagne. Pour la parentalité positive, c’est la même chose ! Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres, être bienveillante avec soi pour pouvoir l’être avec les autres, être positive avec soi pour pouvoir l’être avec les autres !

Comment faire ? Mettez-vous à l’écoute de vos émotions ! Chaque jour, prenez votre météo intérieure et répondez à vos besoins ! Prenez rendez-vous avec vous !

Vous avez besoin de sommeil : Couchez-vous très tôt et méditez pour mieux récupérer ! Vous avez besoin de liberté : organisez-vous une soirée à l’extérieur avec une amie, une balade en pleine nature, une séance de coloriage dans un café, etc …

La parentalité positive est un chemin

Et puis, pour finir, dites-vous bien que la parentalité c’est un cheminement, je ne pense pas qu’il existe un moment où l’on puisse se dire ça y est on y est ! C’est lié à l’impermanence des choses : à chaque instant nous ne sommes plus la même personne que l’instant d’avant … c’est vrai pour nous et c’est vrai pour nos enfants … ce qui fonctionnait à un moment, ne vaut plus grand-chose le jour d’après … c’est comme ça, il faut continuer d’avancer, garder confiance en sa capacité d’adaptation, rechercher ses solutions et surtout passer à l’action !

Ce que la parentalité positive m’a appris c’est qu’il n’y a pas de recette, que tout est possible (même de corriger ses erreurs passées) et qu’on peut rompre avec les schémas anciens pour devenir le parent que l’on veut, il suffit de savoir ce qu’on veut et de passer à l’action ! Si c’est pas positif ça ! 😀

Pour aller plus loin

Si chaque matin vous vous dites “C’est décidé, j’arrête de crier et de stresser !”, alors je vous invite à visiter cette page et à découvrir comment mettre en place le bouton OFF de votre colère et votre stress :

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