C'est décidé, j'arrête de crier et de stresser ! Avant de commencer

Avant de commencer, j'aimerais te transmettre un tout premier outil qui t'accompagnera tout au long de ton chemin et je l'espère de ta vie ... Il s'agit d'un outil de coaching inspiré de la restructuration cognitive utilisée dans les thérapies comportementales. C’est un outil très puissant.

On pense souvent que c’est le comportement de notre enfant qui génère une émotion pénible (colère, frustration, etc ...) que nous gérons par une perte de calme (cris, punition, geste brutal, etc ...).

On a alors deux réactions possibles :

- soit on contrôle le comportement de l’enfant pour ne pas ressentir ce type d’émotion (autant dire que c’est mission impossible si on veut du respect et de la bienveillance !),

- soit on résiste à l’émotion et là c’est l’effet cocotte minute garanti !

En réalité le comportement de notre enfant génère une pensée qui est à l’origine de l’émotion pénible qui provoque notre perte de calme (cri, punition, geste brutal, etc...).

Par exemple : Mon enfant de 3 ans refuse de s’habiller.

Les pensées qui pourraient me venir, selon mon vécu et ma personnalité sont :

  • Il n’écoute rien,

  • Il ne me respecte pas.

  • Il se moque de moi,

  • Il n’en fait qu’à sa tête, je n’ai aucune autorité,

  • Cet enfant est ingérable, il n’a aucune limite,

  • Je ne m’en sors pas, je suis une mauvaise mère,

  • A son âge, il devrait savoir faire ça tout seul ! Qu’est-ce que j’ai raté ?

  • Mes parents n’auraient jamais toléré ça et s’ils me voyaient ils seraient bien déçus,

  • On va être en retard et je vais encore me prendre une réflexion par la maitresse/ mon patron.

  • Et c’est encore à moi de gérer le matin en plus de tout le reste pendant que monsieur fait la grasse matinée !

  • Etc ...

Ces pensées peuvent ainsi faire naître des sentiments de colère, de frustration, de honte, de désarroi ou encore de ressentiment qui mettent notre cerveau sous stress et provoquent l’agressivité.

A ce stade, on voit bien que ça n’est pas le comportement de mon enfant qui provoque ma perte de calme mais bien l’histoire que je me raconte à propos de ce comportement.

Pourquoi vouloir agir sur cette pensée ?

Il y a une sagesse tibétaine qui dis «Si tu ne peux pas changer une situation (contrôler l’enfant), change la vision que tu en as (générer une émotion utile pour gérer la situation)»

La plupart de nos pensées sont automatiques et nous n’avons que peu de contrôle sur leur apparition mais si on n'a aucun contrôle sur la première pensée (bien souvent automatique) on a du pouvoir sur les suivantes !

La première chose à faire c’est de prendre conscience que si je veux agir calmement, je dois me sentir calme ...

Si je veux me sentir calme, je dois choisir une pensée qui génère une émotion de calme ...

Si j'ai une pensée qui génère un sentiment de frustration, de colère, d'irritation, de honte ... ça ne peut pas se passer dans le calme.

Par exemple dans le cas de notre enfant qui refuse de s’habiller seul, si je choisis :

  • "Il a juste besoin d’attention" alors je génère un sentiment de compréhension utile pour gérer calmement la situation.

  • "Certains vêtements sont plus difficiles que d’autres" alors je génère un sentiment d’acceptation utile pour gérer calmement la situation

  • 'C’est mon rôle de l’accompagner en douceur vers plus d’autonomie" alors je génère un sentiment de détermination et de force utiles pour gérer calmement la situation

  • "C’est une phase, ça passera" alors je génère un sentiment de confiance utile pour gérer calmement la situation

Même situation, même comportement ... mais la vision, le «carburant émotionnel» a changé...

Vous avez alors toute latitude pour agir comme le parent que vous avez envie d'être : l’aider, prévoir plus de temps pour le lendemain, opter pour des tenues plus simples, jouer avec lui en faisant la course, etc .., en fonction de ce qui vous parait bon et juste pour vous et votre enfant.

Egalement avoir à l’esprit que la colère c’est une émotion qui se manifeste en "débordement" quand d’autres émotions ou besoins n’ont pas été gérés en amont... c'est une des raisons pour laquelle il est nécessaire de prendre soin de ton bien-être et de ta vie émotionnelle avant tout.

Tâches à compléter

  • Prends soin de toi et de tes émotions au quotidien (c’est tout l’objet du 1er module et c'est, avec la mise en place du geste signal, une priorité pour la semaine qui vient)

  • Au cours des prochains jours, observe ce qui se passe en toi (sans jugement ni critique) pour comprendre ce qui se joue avant, pendant et après la crise. Réponds à ces questions dans ton carnet :

  • Qu'est-ce qui s'est passé ? (Situation à décrire le plus neutrement possible. Ca doit être factuel, sans jugement, sans émotion, sans interprétation possible.)

  • Qu'est-ce que tu t'es dit ? Qu'est-ce que tu as pensé à propos de la situation (Pensée) ?

  • Qu'est-ce que tu as ressenti ? Quelles émotions cette pensée à fait naitre en toi (Emotion) ?

  • Comment as-tu réagi ? Qu'est-ce que l'émotion t'a poussée à faire (Action) ?

  • Quelles conséquences ton comportement a-t-il produit (Résultat) ?

  • Trouve une pensée alternative pour cette situation qui allumera des émotions qui te seront utiles pour gérer la situation plus sereinement. Contacte moi si tu as besoin d'aide pour ça : je suis là pour t'aider.

  • Mets en place ton geste signal pour pouvoir appuyer sur la touche «Pause», mobiliser une autre vision de la situation et choisir une pensée utile pour gérer cette situation. (c'est tout l'objet du travail que nous allons faire ensemble au cours des 21 prochains jours)

  • Accepte de répéter, de recommencer et d'expérimenter sans cesse.

Documents à télécharger

Pourquoi je devrais faire tout ça

alors que c'est mon enfant qui pose problème ?

Peut-être que malgré ce premier travail sur les pensées, c'est une question qui t'a traversé l'esprit alors j'aimerais te partager ma vision sur le sujet ...

On peut faire de nombreux parallèles entre parentalité et aviation ...

Les consignes de sécurité présentées à bord des avions indiquent, par exemple, qu’en cas de dépressurisation de la cabine, tu dois t'équiper d’un masque à oxygène. Et c’est seulement une fois équipée que tu peux venir en aide à l’enfant qui t'accompagne …

Un judicieux conseil applicable à notre quotidien : pour prendre soin de ton enfant, tu fois prendre soin de toi en premier lieu (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la méthode commence par un travail sur TON bien-être).

J’utilise également cette image pour aider les mamans à comprendre l’intérêt de transmettre à nos enfants des outils de gestion du stress et de retour au calme en amont des crises : les hôtesses de l’air n’attendent pas que l’avion amerrisse pour nous montrer comment fonctionnent nos gilets de sauvetage ! Nous reviendrons sur ce sujet dans les derniers jours de la méthode...

Mais on peut aller encore plus loin dans l’analogie pour te permettre d’entretenir ta motivation à mettre en oeuvre ce programme ...

J'aime me voir comme le pilote d'un avion : il est solide, confiant ... en période de crise, il garde son calme, il sait quoi faire et il prend ses responsabilités pour sortir tous les passagers de la difficulté.

Si, en cas de crise, le pilote de l'avion "pète les plombs", il y a peu de chance pour que les passagers s'en sortent...

Nous sommes l'adulte et c'est donc à nous de prendre nos responsabilité en cas de crises.

On ne peut pas reporter la responsabilité de la crise sur notre enfant en faisant peser sur lui la

responsabilité de résoudre la situation pour que nous puissions rester calme ou retrouver notre

calme...

Le pilote d'un avion qui s'écrase ne hurlera jamais aux passagers : "Prenez les commandes et faites atterrir l'avion, ça va m'aider à me calmer !"

Quand l'enfant est en crise ou en difficulté, il a avant tout besoin de sécurité émotionnelle pour pouvoir revenir à lui. Si on le rejoint dans la tempête, il n'y a plus de pilote dans l'avion.

TU es le pilote de l’avion : ton enfant compte sur TOI !

Et comme les pilotes tu vas devoir faire preuve d’engagement, adopter une certaine hygiène de vie

et surtout ne jamais arrêter de t'entrainer !